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Médias sociaux : Haro sur le mythe.
Avez-vous le sentiment, comme moi, que des articles de plus en plus critiques à l'égard de l'usage des médias sociaux fleurissent comme perce-neiges au printemps?
Deux exemples : cet article publié le 1er août par le cabinet de conseil en médias sociaux Deming Hill qui nous explique pourquoi les cadres dirigeants haïssent les médias sociaux (ici synthèse en français de l'article), ou encore ce post de Gregory Pouy qui nous explique carrément que la majorité des actions sur les médias sociaux sont des échecs.
"haïssent" "échec", les mots sont forts et tranchent singulièrement avec le vocabulaire usuel : "révolution" "communauté" "j'aime" "partage" etc.
Haro sur le mythe et c'est tant mieux!
Si la tendance se confirme - celle qui consiste à mettre plus souvent le doigt là où ça fait vraiment mal - les professionnels du web que nous sommes auront tout à y gagner : une position assumée (les médias sociaux, ce n'est pas la révolution), un discours réaliste (cessons de parler de Facebook comme le troisième pays au monde!), débarrassé des oripeaux du vocabulaire pseudo-geek qui ne flattent que l'égo de ceux qui l'utilisent.
Exemple de discours assumé :
Pourquoi les cadres dirigeants détestent-ils les médias sociaux?
Synthèse personnelle d'un article publié le 1er août par le cabinet de conseil en médias sociaux Deming Hill.

Les cadres dirigeants n'aiment pas les médias sociaux parce que :
- Ils ne sont pas narcissiques. La société qui se vante constamment sur Twitter, Facebook, les blogs etc. ne les intéresse pas.
- Ils n'adoptent pas facilement des comportements de groupe. Au contraire, ils s'en méfient et s'en éloignent. "Pour gagner une course, il faut sortir du peloton"
- Ils détestent l'idée que leur travail soit homogénéisé avec celui de la masse, peu inspirée.
- Ils n'aiment pas les réseaux, synonymes de perte de temps. Ils cherchent l'authenticité et sont souvent introvertis.
- Ils n'aiment pas les concepts flous comme le "buzz". Ils ont le hasard en horreur. Jusqu'à présent, personne n'est parvenu à leur donner un vision long terme de l'utilisation des médias sociaux.
- Les cadres ont un égo particulièrement développé qui ne leur permet pas d'admettre qu'ils ne comprennent pas quelque chose (la débâcle d'Enron serait à mettre sur le compte de l'incapacité de ses cadres dirigeants d'avouer leur incompréhension du système qu'ils étaient sensés gérer). De ce point de vue, la technologie, les médias sociaux les mettent dans une situation d'insécurité.
- Les cadres supérieurs aiment les faits. Aucune des promesses tenues par le web social n'ont été tenues jusqu'à présent.
- D'une façon générale, les cadres détestent l'idée que quelque chose doit être bonne parce qu'elle est nouvelle.
Sur la base de ces (édifiants) constats, les associés de Deming Hill conseillent de décrire le fonctionnement et les intérêts des médias sociaux dans un language qui parle aux dirigeants.
7 grands arguments pour avoir une chance de convaincre un cadre dirigeant de l'intérêt des médias sociaux :
- Sur les médias sociaux, on trouve des informations brutes. Par exemple, on se retrouve en contact direct avec la satisfaction client. L'information n'est pas filtrée par plusieurs couches hiérarchiques pour lesquelles la vérité n'est pas une réalité objective, mais davantage une source de problèmes (note personnelle), ceux que les auteurs de l'article appellent les "Yes Men".
- Sur les médias sociaux, on établit une relation authentique avec ses clients, fournisseurs, partenaires etc. La politique du "Keep It Real" trouve des outils et un terrain favorables à son application.
- Les cadres dirigeants aiment qu'on leur parle de vitesse et de réduction des coûts. Les médias sociaux accélèrent les interactions, le service à la clientèle, le lancement d'un produit, le marketing et la publicité, à moindre coût. Pour la publicité notamment, on passe d'un format de diffusion au "fusil de chasse", à un format de diffusion au "sniper".
- L'utilisation des médias sociaux est délicate et potentiellement dangereuse (comparaison avec l'arme nucléaire). Mais les entreprises évoluent DEJA dans les médias sociaux. (note : on peut rappeler ici que même les bonne vieilles pages jaunes sont devenues sociales). Cette présence de fait entraîne la nécessité d'agir, de contrôler sa présence afin de gérer le risque. Cela passe par la mise plat des besoins et des attentes de la société, ainsi que la formation des salariés.
- Fournir des infos, des faits. L'article dresse une liste de quelques chiffres clés.
- Insister sur la cohérence et la durabilité sur le long terme. Les cadres dirigeants n'ont pas besoin d'être à la pointe. Ils ont besoin que ça fonctionne.
- L'engagement. Les cadres dirigeants aiment que leur fournisseur s'engage à les conduire au succès.
Partager un compte Twitter d’entreprise avec Hootsuite
Twitter est un excellent outil pour les entreprises qui veulent dialoguer avec leurs clients, mesurer la satisfaction de leurs produits, veiller sur l'activité de leur secteur, buzzer, etc, etc. Je ne vais pas revenir ici sur l'intérêt d'utiliser Twitter.
Gérer un compte Twitter d'entreprise nécessite toutefois une grande disponibilité qui ne peut se résoudre que par l'embauche d'un community manager et/ou la sollicitation de plusieurs salariés qui vont tous répondre sur le compte Twitter de l'entreprise (@apple, @renault_live, @carrefourfrance, etc.)
Jusqu'à présent, il n'était pas évident pour chacun de gérer sur une même interface son compte personnel et un compte professionnel. Hootsuite (je n'ai pas d'actions) apporte une solution élégante et facile à mettre en place.
Explication en vidéo
Internet n’est-il qu’un repaire de pirates et de pédos-nazis ?
C'est la question volontairement provocatrice posée par les ApéRuches, le réseau social rennais, qui organise une rencontre autour du rôle de l'internet.
Faites-vous évangélisateurs : conseillez à vos amis rétifs (*) à l'internet d'aller y faire un tour. C'est ce soir à 18h30 à la MJC Bréquigny, c'est gratuit, c'est sympa et on apprend plein de choses.
Sujet : Internet a pris une place très importante dans notre quotidien depuis une dizaine d'années. Souvent diabolisé par les médias traditionnels, Internet est source de convoitises, de fantasmes et de peurs irrationnels.
Internet est un lieu, et non pas un média.
Comme la société des hommes, il regorge du meilleur.. comme du pire. Il a ses codes, ses normes, ses pratiques. Nous vous proposons de discuter de ce qu'est l'Internet, comment évoluer et comment naviguer sans crainte dans cet espace virtuel.
Lieu : MJC Bréquigny - 15, avenue Georges Graff - 35200 RENNES
Ligne de Bus n°5, Arrêt Lycée Bréquigny
(*) Ceux qui disent que ça ne les intéresse pas, les pas concernés, les "houlàlà ce truc j'en veux pas", les "pas de temps à perdre avec ça" et autres "j'ai pas envie qu'on me vole mes photos privées sur Facebook"...
Imagine 2015 : débat sur la communication 2.0
« Trop vite ! » c’est par ces mots que Vincent Marcatté, président du Pôle Images & Réseaux a accueilli (par vidéo interposée) jeudi 27 mai à Rennes, la centaine de participants au débat « Mieux communiquer, entreprendre autrement.»
Ralentir, prendre le temps de la réflexion pour améliorer notre façon de communiquer, une proposition presque provocatrice à l’heure du web à temps réel et des réseaux sociaux où près d’un milliard de personnes se bousculent chaque jour dialoguer, échanger, partager sans contrainte de temps ni d'espace.
Mais ces accélérateurs de temps que sont les outils 2.0 sont aussi des accélérateurs de questionnement, des catalyseurs philosophiques qui du fait de leur aspect intrusif - que certains qualifient de violent - nous poussent à nous interroger sur le sens de nos vies professionnelles et privées.
Car c’est bien le « sens » qui a été le maître mot de ce débat "Imagine 2015". Quel sens donner à notre boulimie d’information qui nous fait avaler et recracher chaque jour e-mails, SMS, messages Facebook et autre tweets, etc. par centaines ?
Tentative de synthèse de ce débat de sept heures, dense, pointu, parfois confus mais passionnant. Commentaires, rectificatifs et précisions sont les bienvenus.
Les intervenants :
- Than Nghiem, créatrice d'un incubateur de projets en faveur des modes de vie durables, prof. à HEC
- Raphael Bessis, philosophe et psychologue clinicien
- Alain Cadix, directeur de l'école nationale supérieure de création industrielle
- Richard Collin, directeur de l'Institut 2.0 et professeur à l'Ecole de Management de Grenoble
- Jacques Cottereau, économiste et chercheur spécialisé sur les formes coopératives
- Christian Couilleau, directeur général du groupe agro-alimentaire EVEN
- Alain Giguere, consultant et expert en recherche marketing sur l'opinion publique.
Les bios en détail ici : http://dl.dropbox.com/u/2468714/bio-GT-offcielle.pdf
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Communiquer mieux, entreprendre autrement. L'angle était large et le débat aurait pu prendre mille voies différentes. Si la rencontre a permis de faire le point sur les opportunités qui s'ouvrent à nous, elle a surtout beaucoup porté sur les angoisses, les difficultés que charrient avec elles les technologies nouvelles qui viennent frapper derrière nos écrans.
Les anciens repères disparaissent, à commencer par le temps.
Parmi les intervenants, Christian Couilleau a naturellement endossé le role du patron d'entreprise, grande entreprise traditionnelle de surcroît, confronté à l'arrivée d'armes de communication massives."Chez Even comme dans toutes les entreprises, explique-t-il, la difficulté est de gérer le hiatus entre trois temporalités : l'innovation technologique très rapide, le temps plus long de l'appropriation et de l'usage, et le temps de l'idée, du concept, de la vision, encore plus long".
Le patron du groupe Even dit avoir fait de la recherche du "temps juste", un des axes stratégiques de son groupe. "Le bon tempo", dit-il, "c'est la vitesse maximale à laquelle l'entreprise peut se déformer en restant performante économiquement et socialement". La tâche serait d'autant plus ardue que tous les individus n'ont pas la même représentation des vitesses au sein de l'entreprise. L'adaptation ne serait par ailleurs pas applicable dans tous les services, en raison des contingences horaires, des temps machine par exemple. Le chef d'entreprise note enfin que la perception du temps est aussi différent d'un continent à l'autre.
"Il est plus difficile d'être de quelque part que d'être de son temps" (Pierre-Jakez Hélias)
"Les vitesses de la transformation technologique et celle de la circulation de l'information (proche de celle de la lumière) sont telles", affirme Alain Cadix, "qu'elles nous projettent dans l'espace d'Einstein. Nous nous sommes formés à un univers newtonien, mais est-ce que le monde n'est pas en train de devenir non euclidien?" s'interroge le directeur de l'Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle.
Pour Alain Cadix, les 40 prochaines années vont être celles d'une transformation radicale du monde : "L'expérience du monde va plus vite que la pensée. A-t-on encore le temps de mener à bien un dessein?" s'interroge-t-il.
Préoccupation partagée par le psychologue et philosophe Raphael Bessis, qui use de la métaphore de la voiture qui roule de plus en plus vite, et dont la portée des phares diminue au fur et à mesure que cette vitesse augmente. "Quid du prochain virage?" s'interroge-t-il.
Outre le temps, c'est également le rapport de l'individu au groupe qui est modifié.
Le réseau social généralisé, l'information pour tous à tous les étages en temps réel, remet en cause le principe même de hiérarchie. L'information étant le pouvoir, ceux qui ont le pouvoir (les cadres) deviennent inutiles (ndr : voir à ce sujet le travail de terrain de Francis Senceber). La communication 2.0 remet donc en cause la hiérarchie dans les entreprises mais également dans nombre d'institutions et d'organisations de notre société civile.
Certes, explique en substance Alain Cadix, nous débarrassons-nous d'un système parfois insupportable, celui notamment d'une forme pernicieuse de management dans la grande entreprise, où la gestion des ressources humaines est parfois hasardeuse. Un système que beaucoup cherchent à fuir. "Le problème, prévient Alain Cadix, c'est qu'après la révolte, on se retrouve sans mode d'emploi!"
La hiérarchie a ses vertus confirme Raphael Bessis. C'est, rappelle-t-il, le système d'organisation des groupes d'animaux, dont la soumission aux mécanismes hiérarchiques se renforce dans les situations de crise (aggression du groupe, absence de nourriture, etc.). La hiérarchie est structurante, rassurante.
Aujourd'hui la question de faire groupe est devenue très compliquée, estime le philosophe. Est-ce que dans les conditions de la communication multiforme et instantanée, la notion de "ensemble" existe encore ? Y-a-til encore une enveloppe contenante? s'interroge-t-il.
Autre question soulignée par Christian Couilleau : comment protéger ceux qui ont le moins de capacité d'adaptation?
Au-delà de la question de l'adaptation aux technologies, celle de la prise de recul est également posée. Il y a danger de voir des foules ayant perdu tout sens critiques, des foules manipulées, comme c'est le cas, estiment certains, lors des apéros Facebook. Une inquiétude partagée par Raphael Bessis pour qui la disparition d'espaces contenus où s'exerce habituellement la régression naturelle des individus en groupe, pose problème. "La regression revient, dit-il, mais dans ces espaces sans limites où elle n'est pas contrôlée".
Est-ce la main qui conduit l'outil ou l'outil qui conduit la main?
Jean-Noël Portugal dirige une entreprise 2.0, éclatée sur les réseaux. Il était un des animateurs d'Imagine 2015. Son témoignage de patron hyper-connecté apporte un éclairage précieux sur le rapport qu'entretiennent les utilisateurs avec les nouveaux outils de communication.
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Le système contredit la théorie de l'évolution selon laquelle la fonction crée l'organe.
Dans la salle, un participant attire l'attention sur le fait que tout le monde n'a pas forcément besoin ces technologies et de rappeler que l'humain est avant tout construit pour réfléchir, et non pas qu'on réfléchisse à sa place. L'intervenant de donne l'exemple du GPS : la génération d'aujourd'hui qui grandit avec un GPS dans les mains pourra-t-elle vivre sans?
Question reprise à son compte par Alain Cadix qui cite une école d'instruction d'aviation civile, laquelle a dû renoncer aux formations via le tout informatique, après s'être rendu compte que les apprentis pilotes avaient "perdu le sens de l'air"...
"Ce n'est pas un phénomène nouveau dans l'histoire de l'innovation technologique", admet Alain Cadix, "mais c'est la première fois qu'elle touche simultanément plusieurs centaines de millions d'êtres humains".
"Notre société n'est plus celle d'un univers, mais d'un multivers. Il nous est demandé de devenir des hommes adaptés", explique Raphael Bessis. "Nos adolescents sont déjà dans un comportement en relation avec plusieurs cadres référentiels. Beaucoup regardent la télé en écoutant la radio devant leur écran d'ordinateur".
Cette multiplicité, ces outils nous rendent... addictifs! dénonce Raphael Bessis. Le clinicien de comparer le comportement des patients toxicomanes qui tiennent des discours sur le shoot "une jouissance inégalable" comparables à ceux entendus aujourd'hui sur certains outils de communication.
Un nouveau système?
Le plus évident et spectaculaire et apport de la communication 2.0 c'est sa capacité à mobiliser des groupes de personnes autour d'un sujet commun. C'est ce que les conférenciers ont appelé la communauté de destin, ou de dessein.
La communauté de dessein, c'est le dada de Thanh Nghiem, enseignante à HEC et à la tête d'un incubateur spécialisé dans les projets durables. Thanh Nghiem distingue trois types de desseins communs, ou objets : l'objet "miam-miam" l'envie de gagner de l'argent par exemple, et l'objet "sorcière" qui fait peur. Le troisième objet ne se situe ni dans le profit, ni dans la menace, c'est l'objet "Art". Un objet tournant, partagé. Lors d'un match de football, explique-t-elle, l'objet "Art" c'est le ballon qui génére de la création et autour duquel tournent les joueurs, s'organise la stratégie. Ces objets Arts sont les rites, les mythes, "les memes, ces trucs viraux que tout le monde comprend" et par lesquels se font les communautés de desseins. Ce mécanisme est au coeur même de la communication dite planétaire, qui donne sa crédibilité et son intérêt au très décrié village mondial.
Les opportunités
Face aux interrogations souvent sombres et angoissées d'une partie de l'audience, le canadien Alain Giguere, expert en marketing, ne cache pas sa surprise, voire son agacement : "Le même débat à San Francisco ne se déroulerait jamais sur ce ton! En Amérique on pense que tout est possible et vous, vous semblez mésestimer la capacité éternelle de l'homme à s'adapter".
"Mon domaine d'étude", explique Alain Giguere, "c'est d'expliquer pourquoi les gens adoptent les nouvelles technos". Et leur moteur, poursuit-il, c'est le plaisir. On créée des micro-plaisirs, et les "bidules" technos rendent leur vie plus agréable. Et ça rend vraiment leur vie plus agréable". affirme-t-il.
Le patron de l'Institut 2.0 et prof. à l'Ecole de Management de Grenoble, Richard Collin, s'attache lui aussi aux changements positifs et en particulier aux opportunités qui s'offrent au monde de l'entreprise.
L'entreprise 2.0 affirme-t-il, est tout simplement la nouvelle version de l'entreprise traditionnelle. "L'époque marque une rupture énorme, comparable à celle de Galilée, qui affirma un jour que la terre n'était pas plate, au moment où tous se demandaient comment déterminer qu'elle l'était."
L'économie marchande telle qu'on la connue va disparaître, affirme-t-il, elle a trouvé ses limites. Dans le système de rapport marchand tel qu'on l'a connu jusqu'à présent, on maîtrisait un territoire, grâce à l'invention de la carte, puis est venue l'économie marchande avec le capital. Aujourd'hui émerge l'espace informationnel, un espace nouveau où la carte disparaît et qui nous fait entrer dans l'ère de la communauté de destins, ou des groupes de personnes vont s'affranchir des cartes pour créer de la valeur à partir de l'envie de faire des choses ensemble. L'information rivale ( nfr : rivale et non virale) devient une information partagée.
Les fondements du travail ont évolué. De l'énergie et la matière, on évolue aujourd'hui vers un système basé sur l'humain et l'information, qui ont la caractéristique commune d'être inépuisables.
"Aujourd'hui entreprendre c'est communiquer"
Richard Collin explique que ses étudiants de sup de co Grenoble sont de plus en plus nombreux à créer des start-up. Autrement dit à sortir du modèle classique du salariat, hérité du modèle industriel.
"Les business models sont à réinventer. Regardez l'exemple de la CIA, qui est passée après le 11 septembre 2001 d'un système très hiérarchisé, cloisonné, à un système ouvert de partage d'information directe sur le modèle des réseaux sociaux." appuie-t-il.
Ceux qui vont s'adapter sont ceux qui vont gagner.
A l'angoisse de la disparition de la hiérarchie, la génération Y (**), personnifiée lors des deux jours de débat part quatre étudiants de l'école de Design, répond : "Nous sommes tout simplement incapables de comprendre l'intérêt d'un hiérarchie de type n, n+1, n+2... à l'heure du réseau, cela n'a aucun sens pour nous, le réseau au contraire nous permet d'échapper à la réunionite."
Pour eux, la notion de réseau est intimement liée à la notion de solidarité. Et les étudiants de placer l'entrepreunariat au coeur de ce nouveau dispositif, à la fois comme moteur créatif et garant de la liberté des individus.
La créativité - en particulier pour des étudiants en design dont c'est le métier - s'accomode parfaitement d'un adage très en vogue selon lequel "il vaut mieux demander pardon (d'avoir échoué) que de demander la permission".
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Un système prometteur mais immature
La question de la vie privée sur les réseaux sociaux (Facebook principalement) n'a pas manqué de s'inviter à la table des débats. La mauvaise protection des données personnelles reste aujourd'hui la principale faille du système de communication 2.0 qui émerge.
Peu de réponses existent. Celle proposée par un étudiant en design industriel dans la salle, et qui consiste à posséder plusieurs profils afin de protéger sa "vraie" identité, ne semble pas avoir convaincu.
La vie privée est-elle un problème de vieux con? C'est la question malicieusement posée par Richard Collin lequel reprend le titre d'un article publié dans le monde en mars 2009. Autrefois, ce n'était pas tellement différent , affirme Richard Collin : "Au village, quand on allait pisser derrière l'église, tout le monde le savait. Aujourd'hui c'est pareil sauf que potentiellement un milliard de personnes peuvent le savoir".
La faute n'en est pas plus grande, estime-t-il.
L'homme et le tsunami informationnel
Autre faille du système : la surinformation. Alain Cadix estime qu'il y a un décalage entre l'offre des nouveaux outils de communication et les besoins des utilisateurs. Il donne l'exemple de l'automobile, où après le modèle unique de la Ford T, le marché a très rapidement proposé des modèles différenciés, avec des formes différentes, pour les rendre désirables et plus adaptées au consommateur.
Faut-il inventer une nouvelle forme d'écriture? s'interroge-t-il. Les objets immatériels, dont fait partie l'information, doivent pouvoir se designer pour s'adapter au consommateur, Alain Cadix de citer des travaux en cours pour ré-inventer l'écriture des messages dans des secteurs ou l'information est surabondante : les salles de marché et les transmissions aéronautiques.
Plus le message est massif, plus il est unique, confirme Raphael Bessis. Aujourdh'ui, le mouvement est inverse, il va falloir inventer des langages avec plusieurs niveaux de dimensions de messages.
Richard Collin estime que si on veut mieux communiquer, il faut travailler sur les dispositifs qui permettent de mieux voir. Face au tsunami informationnel, explique-t-il, un langage est à inventer : "La dernière révolution remonte au XIIème siècle, avec l'invention de la lecture à voix haute!"
Le défi aujourd'hui serait de créer un alphabet visuel, permettant à tous de s'approprier ce flux gigantesque d'information. "Les chinois l'ont dit il y a 4.000 ans" rappelle Thanh Nghiem "Une bonne image vaut mieux que 100 mots" cite-t-elle.
La singularité, l'altérité et les briques.
L'information personnalisée apparaît comme un élément clé de la réussite et la pérennité de ce système producteur de communautés de desseins. Raphael Bessis explique que pour partager, les individus doivent être construits, doivent avoir une singularité. Cette singularité est aujourd'hui perturbée par une offre technologique qui, au contraire, produit des sujets dépendants, fragiles, peu autonomes. Sortir de ce schéma permettrait de donner à chacun les briques élémentaires pour construire un sens à sa communication, donc à sa vie ("we are what we share"). Et ces briques élémentaires seraient l'utilité, la fierté, la sécurité (réduction de l'incertitude) et une notion très liée à la sécurité, la justice (réduction des inéquités).
Ndr : Abraham Maslow n'a pas été cité mais aurait eu sa place ici dans le débat.
Les solutions?
Donner du sens. Pour Thanh Nghiem : il faut inverser le paradigme. Faire de la question de l'usage(*) la première question du processus. Quel monde viable veut on imaginer? Quel dessein pour la communauté?
Faire envie, ne pas faire peur. La difficulté, explique Christian Couilleau, c'est de faire avancer l'ensemble de la population en même temps, pour ne laisser personne sur la touche. Certains agriculteurs avec lesquels il travaille apportent une réponse négative et sans appel aux propositions de nouvelles techniques de communication : "On a pas besoin de ces outils technos pour connaître son métier".
"Dans une entreprise comme la mienne, explique-t-il, qui croit aux vertus des technologies bien utilisées, on peut facilement provoquer une réaction de blocage des employés, des partenaires. Ne laisser personne sur le bas côté implique de donner une dimension politique à sa communication, pour donner envie, et surtout, ne pas promouvoir ces technos en utilisant le registre de la peur."
L'expert en marketing Alain Giguerre abonde dans le même sense et cite l'exemple d'un journal canadien qui a renoncé à son édition papier. Un quotidien lu principalement par des plus de 55 ans. "On s'est rendu compte, explique-t-il, que ces lecteurs avaient une position forte sur la conscience sociale et écologique, et un grand besoin d'échanger." L'aspect 2.0 du nouveau journal en ligne, avec la possibilité de donner son avis de dialoguer en ligne les a finalement convaincu. "Au fond, dit-il, il s'agit simplement de savoir pourquoi les réfractaires sont réfractaires, et de savoir comment les relier au rêve."
Etablir une responsabilité. L'entreprise est une personne morale, et ce terme a son importance, rappelle Christian Couilleau : "La communauté de destin d'une personne n'est pas incompatible avec la communauté de destin d'un groupe. L'entreprise c'est LA communauté de destin d'un groupe, on est pas dans une logique d'opposition, et quand on a produit quelquechose ensemble, il faut assumer la responsabilité de sa production".
Avoir et faire confiance. C'est vital, estime Richard Collin. "Il est important d'organiser des dispositifs nouveaux qui ne soient pas en lien avec les processus habituels. Il faut vraiment donner de l'autonomie aux gens. Quand on donne la liberté de faire du vélo, on n'oblige pas quelqu'un à rester dans les rails du tram. C'est le meilleur moyen de tomber. A ce titre le dispositif de transparence est un facteur fort d'organisation de la confiance, bande-passante de la connaissance" selon le patron de l'Institut 2.0.
Croire à l'autorégulation. A l'argument selon lequel la communication 2.0 à l'échelle mondiale favorise la possibilité de manipulation des foules. Alain Giguere répond par l'argument de l'autorégulation.
Une partie de la discussion a porté sur le cas récent de la catastrophe pétrolière au large des Etats-Unis et de cette récolte spontanée de cheveux dans les salons de coiffure, pour fabriquer des éponges à pétrole en Floride. Certes, un bel exemple de communauté de dessein pouvant être produite par les réseaux sociaux, admettent certains, mais que penser du dispositif si on réalisait un jour que c'est le syndicat des coiffeurs qui a lancé ce mouvement, pour relancer l'activité des salons de coiffure?
Faux problème répond en subsance le canadien Alain Giguere, car, dit-il, le système porte en lui même sa propre antidote : tout est remis en cause tout le temps. La rumeur, si c'en avait été une, aurait été décelée et rapidement démentie, aux dépens de ceux qui l'auraient lancée.
Lâcher prise. C'est en substance ce que nous propose Raphael Bessis en nous enjoignant d'apprendre à mourir. "Philosopher, c'est apprendre à mourir" disait Montaigne. Cela signifie poser des temps morts, faire césure par rapport à son activité de précipitation, se laisser la possibilité de ralentir, pour que "les phares éclairent plus loin" afin de construire, et non pas vivre dans un présent éternel.
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(*) L'usage a été placé au coeur des priorités du gouvernement dans le cadre du du grand emprunt et développement de l'innovation en France. Voir à ce sujet l'interview de Nathalie Kosciusko-Morizet à Rennes.
(**) Le terme génération Y désigne les personnes nées entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1990. Il tire son nom de la génération précédente, nommée génération X. D'autres termes équivalents existent, dont enfants du millénaire ou les diminutifs GenY et Yers. Les Américains utilisent également l’expression digital natives ou net generation pour pointer le fait que ces enfants ont grandi dans un monde où l'ordinateur personnel et l'Internet sont devenus de plus en plus accessibles. (Wikipédia)
Facebook simplifie et améliore sa confidentialité
Copie du mail envoyé par l'équipe française de Facebook aux annonceurs et annonçant les modifications des modalités de confidentialité du réseau social.
"Facebook va proposer dès aujourd’hui des modifications destinées à simplifier la façon dont les paramètres de confidentialité sont présentés aux utilisateurs. Alors que ces changements affectent les usagers de Facebook, nous vous assurons qu' ils ne changent en rien votre activité sur Facebook. Ces modifications n’affectent pas vos campagnes publicitaires et il n’y a aucune raison de changer vos habitudes.
Facebook est un service en constante évolution, avec de nouveaux produits conçus pour répondre aux attentes des usagers. Nous sommes bien évidemment à leur écoute et avons compris que les paramètres de confidentialité étaient devenus trop complexes.
Notre philosophie est, entre autres, de répondre aux attentes des usagers lorsque cela est possible. Nous pensons que les changements suivants répondent aux besoins exprimés par les utilisateurs, grâce à un meilleur contrôle sur leurs paramètres de confidentialité et une utilisation plus simple.
À partir d’aujourd’hui, Facebook :
- Fournit un emplacement principal, avec des options simples d’emploi, qui permet aux utilisateurs de définir le public auprès duquel ce qu’ils publient sur Facebook est diffusé. Cela permet aux utilisateurs de choisir, d’un seul clic, un paramètre global de confidentialité pour ce qu’ils publient sur Facebook. Bien entendu, ils peuvent également utiliser (comme auparavant) les mêmes options spécifiques aux divers contenus.
- Réduit la quantité d’informations qui tombent sous le paramètre Tout le monde sur Facebook. Les amis et les connexions des utilisateurs ne sont plus des informations que tout le monde doit pouvoir voir. Seuls le nom, la photo du profil, les réseaux et le sexe de l’utilisateur doivent être des informations publiques. Les utilisateurs peuvent décider de rendre toutes les autres connexions privées.
- Simplifie le contrôle de l’accès aux informations par d’autres applications et sites web. Alors que la majorité des utilisateurs adore les applications disponibles sur Facebook et les sites web conçus pour fonctionner avec Facebook, certains préfèrent limiter la diffusion de leurs informations au réseau même. La désactivation de ces fonctionnalités est maintenant possible à l’aide d’un seul clic.
Je vous encourage à prendre connaissance du billet publié par Mark Zuckerberg, président-directeur général de Facebook, et également à consulter la nouvelle page consacrée à la confidentialité sur Facebook.
Merci.
L’équipe Publicités Facebook"
L’Express à l’heure du temps réel
L'Express est un hebdomadaire. Sa vocation est d'apporter à ses lecteurs une information traitée faite d'analyses, de synthèses, de projections dans l'avenir. Un travail qui nécessite recul donc lenteur.
En créant son site internet lexpress.fr, l'hebdomadaire avait déjà accéléré son rythme cardiaque, apportant une information du quotidien, enrichie de photos et de vidéos. Un produit d'ailleurs très réussi, avec un contenu de qualité et une excellente réactivité.
L'Express passe aujoud'hui la vitesse supérieure en passant au temps réel, et choisit Twitter (quoi d'autre?) pour ce faire. Twitter se positionne comme le média des médias.
Tout comme France Info, la première radio tout info qui avait révolutionné à son époque le paysage radiophonique français en accélérant la vitesse de circulation de l'information, Twitter vient à son tour changer la donne.
En diversifiant son offre (hebdomadaire, quotidien, temps réel) l'Express ne risque-t-il pas de se dénaturer, d'oublier sa profession de foi? Un seul média peut il être présent partout et tout le temps?
« Sur mon ordi, j’arrive pas à … » Une solution d’aide à distance
Nous avons tous été confronté à un problème d'informatique : "impossible d'imprimer", "il ne reconnait pas le format du fichier", "ça s'arrête quand je fais Entrée" etc, etc.
Souvent dans ces cas là, on appelle un copain "qui s'y connaît" pour lui demander conseil. Problème : souvent il est difficile d'expliquer le problème par téléphone.
D'où l'idée de showmewhatswrong.com
Votre copain "qui s'y connaît" vous envoie cette adresse qui va enregistrer tout ce qui va se passer sur votre écran (et vos éventuels commentaires enregistrés grâce au microde votre ordinateur) jusqu'à que vous appuyez sur stop. Quelques minutes plus tard, il reçoit la vidéo de ce que vous lui avez montré.
Il fallait y penser :)
Facebook pour les Pros : la promotion 2.0 en quelques clics
On ne présente plus Facebook, ce réseau social initialement créé pour (re)prendre contact avec des amis. C'est aujourd'hui l'un des médias sociaux les plus utilisés, tant par les particuliers que par les professionnels. Ces derniers peuvent d'ailleurs créer une Page pour promouvoir leur activité. Elements d'explications.
Les premiers pas : créer une Page
Il suffit, à partir d'un compte déjà existant, de cliquer sur "Publicités" tout en bas de la page, puis sur "Créer une page".
Vous pourrez ensuite compléter les informations sur votre société, ajouter une photo ou votre logo, et personnaliser votre Page.
De nombreuses fonctionnalités vous sont proposées dans "Modifier Page" (en haut à gauche, sous votre photo), notamment pour ajouter le flux RSS de vos billets de blog, des photos, des vidéos ou encore créer des évènements.
Il existe par ailleurs une multitude d'applications développées par les utilisateurs de Facebook. A savoir : une fois sur l'annuaire des applications, vous pourrez faire des recherches par mot clé.
Faites vous-même votre promotion !
Avoir une Page sur Facebook permet de centraliser et de promouvoir vos contenus publiés ailleurs : les billets de votre blog, vos tweets, etc. Des outils comme Tigerlily, vous permettront d'ajouter des contenus et d'aller plus loin dans la personnalisation de votre Page.
Grâce aux widgets mis à votre disposition, vous pourrez relayer automatiquement les publications de votre Page sur votre site web ou sur Twitter, partager votre Page Facebook sur votre blog, ou encore ajouter le bouton "J'aime" sur vos pages web.
Enfin, parmi les outils payants, Facebook vous propose de faire vous même votre publicité. Sur le même principe que les Google Adwords, vous définissez votre budget quotidien, mais aussi le coût maximum par clic ou par impression (affichage de votre publicité). Le module de publicité de Facebook vous permet de toucher une cible précise, grâce à un système de filtres successifs.
Dans l'exemple ci-dessous, je choisis de diffuser ma publicité sur les pages des utilisateurs de Facebook âgés de 40 à 50 ans (*), habitant à Rennes ou dans les villes à 50km aux environs et aimant le Golf. Facebook calcule automatiquement le nombre de personnes concernées par mon annonce : 100. L'outil peut permettre de faire des statistiques intéressantes. Exemple, à cette date , Rennes et sa région comptent 417 240 membres de Facebook.
L'objectif ? Augmenter le nombre de vos Fans et de vos visiteurs, et potentiellement votre notoriété.
En tant qu'administrateur, vous aurez accès aux statistiques des visites et interactions sur votre Page : évolution du nombre de Fans, répartition hommes/femmes, nombre d'interactions par publication, etc.
Des entreprises l'ont déjà adopté
De plus en plus d'entreprises créént leur Page sur Facebook, et parfois même dans des secteurs d'activité que l'on aurait imaginé désintéressés.
C'est notamment le cas de la boulangerie 2.0 ou encore des restaurateurs, dont on a déjà parlé ici.
Ces exemples sont intéressants puisqu'ils soulignent l'impact direct de la présence 2.0 d'une entreprise sur sa réussite économique. Pour preuve, le témoignage de Yann Guenneguès, patron du pub Westport Inn : "si je met une info au matin pour le soir, ça peut ramener 30 clients aussitôt".
Mais attention, créer une Page Facebook ne double pas instantanément le nombre de vos clients. Même si cette nouvelle façon de faire de la publicité est beaucoup moins couteuse qu'un budget pub traditionnel, il faut y consacrer beaucoup de temps.
En plus des contenus créés ailleurs (blog, Twitter) et relayés sur votre Page, il est important d'ajouter régulièrement du contenu exclusif (actus, photos, évènements) et d'interagir avec vos Fans (répondre aux questions, contrôler les publications, remercier vos Fans, etc.)
En somme, c'est un moyen de communication intéressant qui est loin d'être "magique" et qu'il faut entretenir, comme tous les outils 2.0.
Marie Armand
(*) Notez qu'il est impossible de sélectionner un âge supérieur à 64 ans sur Facebook!














